Quand les mineurs de Potosi décident de bloquer tout le pays

Les mineurs de Potosi ont entamé une grève illimitée le 6 juillet alors que je me trouvais à Sucre. Ils utilisent leur moyen d’action préféré, le blocage de routes, pour faire pression sur le gouvernement. Ce blocage n’a aujourd’hui toujours pas pris fin. Si au début, je m’étais félicitée d’avoir déjà vu le Salar d’Uyuni. Après avoir vu une carte, j’ai réalisé que pour partir pour Tarija, Tupiza ou Villazon (le sud de la Bolivie), toutes les routes passent par cette ville. La Bolivie est en effet un pays ayant très peu de routes différentes. L’unique alternative était de remonter jusqu’à Oruro en passant par Cochabamba et d’ensuite redescendre par Uyuni, Tupiza et enfin Villazon. Voici une carte pour que vous vous représentiez la situation.

bol00Je trouve quand même le jeudi un billet pour Tarija. Je suis très heureuse d’être la détentrice du dernier billet vendu du bus. Même si Tarija n’est pas à mon programme, cela me permettra de rejoindre la ville frontière de Villazon. Ce soir-là, lorsque j’arrive au terminal, toute contente de partir, j’apprends que mon bus est annulé. Entre-temps, mon hostel est complet et je change encore une fois pour le quatrième hostel de mon séjour à Sucre.

Le lendemain, je me rends à 7h au terminal et obtiens un ticket pour Villazon. La dame me dit qu’il est « très probable » que le bus parte mais qu’ils ne connaissent pas l’heure de départ. Je les appelle plus tard et on m’annonce notre départ pour 12h. Une heure de retard plus tard, nous partons. Inke, une Hollandaise et moi, on est pleines d’espoir. On y croit !

A 17h, nous arrivons au super blocage sur la route. A ce moment-là, j’ai surtout peur que l’on fasse demi-tour. Tout mais ne pas retourner à Sucre. Je veux partir, avancer ! On y attend 5h sans la moindre nouvelle. A 22h, on remonte dans le bus et on repart en sens inverse. Argh, non, pas Sucre. Mais les cahots qui nous secouent m’indiquent que l’on ne reprend pas la même route. Nos chauffeurs tentent en effet de passer par d’autres petits chemins. Quand je vous disais qu’il y a très peu de routes, je n’exagérais pas. Cette « route » n’en mérite pas le nom et pourrait s’appeler sentier.

Le bus passe parfois tout juste et dans un village, ce sont les câbles électriques qui s’y accrochent. Un homme doit parfois passer la tête par les aérations du toit et nous dégager. C’est dans ces moments qu’on se demande ce qu’il se passe quand on touche les câbles haute tension. Apparemment, on ne meurt pas. Ensuite, c’est l’étroitesse du chemin qui pose problème. Notre bus se prend toutes les branches des arbres le bordant. Cela fait un bruit incroyable. Au bout d’un moment, nos chauffeurs décident que c’est sans espoir et on fait demi-tour. Noooon, pas Sucre.

J’ai perdu tout sens de l’orientation mais on ne retourne finalement pas sur nos pas. On passe deux heures à l’arrêt. Au petit matin, on reprend la route, on y croit, on y croit. Mais en face, nouveau blocage. Demi-tour, on réessaie par une autre route. Soudain, un gros bruit. Je pense immédiatement que notre bus est foutu mais on a « seulement » raclé la route en essayant de passer un lit de rivière asséché. On sort tous et on s’active pour creuser et placer des pierres sous les roues. Le bus repart. Plus on avance, plus il fait de bruit. Je suis bien heureuse de ne pas en être la propriétaire

reunionOn se pose finalement dans un village, lui aussi bloqué, où l’on attendra toute la journée. Je fais connaissance avec des Argentins de Cordoba et des Brésiliens. Eux ont passé toute la nuit là et sont bien remontés. Les camions, bloqués eux aussi, vendent leur cargaison et tout le monde est occupé à manger les mandarines de l’un d’entre eux. A 12h, on nous annonce une réunion à 15h. A 15h, on voit une bonne partie du village réuni. Deux heures plus tard, la décision tombe. Ils nous laissent passer 15 minutes. Enfin !

P1070410Tellement heureux du dénouement, on aide à dégager les pierres et monte vite fait dans nos bus respectifs. On ne perd pas de temps, on ne sait jamais qu’ils changent d’avis. Sur le chemin, j’ai droit à un dernier adieu du soleil de Bolivie.

P1070414J’arrive à minuit à Villazon. Il fait froid et malheureusement, les hostels sont complets. L’un d’entre eux devant mon air désemparé me propose un matelas par terre. Vu la musique tonitruante (cet hostel fait aussi discothèque), je demande quand elle s’arrête : 3h. De toute façon, je n’ai pas le choix. Je « dors » donc au sol, sur un matelas bon pour la déchetterie, lumières allumées, musique disco bien forte et télévision allumée. Ajoutez à cela que comme d’habitude j’ai froid, j’ai passé une petite nuit. Encore une après la nuit dans les blocages.

Au petit matin, je change sans souci mes dollars pour des pesos argentins avant la frontière à un très bon taux et passe rapidement la frontière. Je suis en Argentine !

En pratique

Je ferai un article spécifique sur le taux de change mais sachez déjà qu’il est très intéressant de changez vos dollars côté Bolivien (à Villazon) et non côté Argentin (La Quiaca).

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