De Cusco (Pérou) à Tupiza (Bolivie) : un passage de frontière sans souci

Ayant un volontariat de prévu au mois de juin, je souhaite voir le Salar d’Uyuni, l’attraction phare de Bolivie avant la haute saison, c’est-à-dire juillet-août. Et soudain, je dois me presser parce que le temps passe. Je prends alors un bus de nuit direct pour La Paz. A la frontière, il me faut le visa de 3 mois soit 90 jours. Mais les douaniers ne donnent aux touristes que le visa de 30 jours renouvelable ensuite deux fois dans les services d’immigration. Pas envie de faire ces renouvellements et surtout, je risque d’avoir du mal à le faire dans la jungle. La file est longue côté Bolivien et j’ai le temps de sympathiser avec mon voisin. Je lui explique que j’espère obtenir ce visa. J’arrive devant le douanier, je lui demande 90 jours. Le voilà qui écrit 30 et m’explique ce que je sais déjà, que je peux aller à La Paz le renouveler. Je l’implore en lui expliquant que je vais dans la jungle et à la manière des Sud-Américaines, lui sort un magnifique « por favooooor ». Il me regarde, me demande si je voyage seule. Et le voilà qui écrit 90 sur mon passeport. Ca y est, je l’ai ! J’entends derrière moi un « félicitation » de ce Bolivien bien amical.

P1060390Au terminal de La Paz, je fais le tour des agences de bus demandant quand part le bus pour Tupiza. Là, j’apprends qu’il y a un blocage entre La Paz-Oruro. Les bus ne partent pas. Bienvenue en Bolivie ! Les blocages ici sont assez courants et utilisés comme forme de manifestation. Comme il y a très peu de routes, les gens mécontents peuvent facilement paralyser le pays. Heureusement pour moi/malheureusement pour eux, le gouvernement a décidé d’agir et les policiers sont envoyés pour libérer la voie. J’ai acheté mon ticket sans savoir quand je partirai. Soudain, c’est mon nom, forcément un peu déformé, que j’entends au haut-parleur du terminal. On me conduit au bus qui se trouve, je ne sais pourquoi, en dehors du terminal et on démarre. On est tous contents de partir mais rapidement on s’arrête. On passera lentement le blocage tout en observant par la fenêtre le combat des forces armées contre les manifestants à coups de gaz lacrymogènes. Amusant quand celui-ci se retourne avec la complicité du vent contre les policiers qui s’enfuient comme ils peuvent.

P1060396Pas de toilette dans le bus malgré ce que l’on m’avait dit. On s’arrête donc de temps en temps au milieu de rien et tout le monde descend et pisse à côté du bus. Hommes comme femmes. Moi, je joue au chameau en ne buvant rien. Les boliviens semblent surpris de ma présence, je suis la seule touriste. A 5h00, on s’arrête un certain temps et moi, j’essaie tant bien que mal de somnoler encore un peu. Vu la lumière, je demande quand même où on est : Tupiza. Oups, vite descendre avant que le bus ne reparte.

J’attends deux heures dans le terminal avec de chercher un petit déjeuner. Rien d’ouvert. Je finis par atterrir dans un hôtel sans savoir que c’en est un, suite au panneau « desayuno » (petit-déjeuner). J’avais prévu de loger ailleurs mais vu le prix et comme tout est neuf, je loge là.

Nous sommes le 14 mai et aujourd’hui, j’ai 25 ans. Le quart de siècle. Dans l’hôtel où je loge, je suis en compagnie de deux autres voyageuses, une Argentine et une Londonienne. Celles-ci me fêtent. Heureusement, parce que j’ai eu l’occasion de tester la connexion internet typiquement Bolivienne qui rend les conversations Skype pratiquement impossibles. « Bon, on se parlera quand je serai à La Paz ? » Tupiza n’est pas vraiment la ville idéale pour fêter son anniversaire puisque je n’y trouve aucun gâteau !

Puerta del diabloEnsemble, on décide d’aller découvrir le canyon de l’Inka. Le couple de Français avec qui je ferai le Salar m’indique le chemin. J’ai également une petite carte mais plus vague que cela, tu meurs. On part donc en longeant la voie ferrée. Là, pas possible de se perdre. Ensuite, difficile de savoir sur quel petit sentier on est supposées prendre à droite. Lorsqu’on demande à des locaux quel chemin prendre, ils nous indiquent la route de terre sur laquelle passent les voitures. On la suit durant un bon moment, se faisant recouvrir de poussière à chaque passage de voiture. La route serpente et monte petit à petit. Arrivées en haut d’un « col », j’aperçois la « Puerta del diablo » . Les français me l’on montrée en photo, c’est bien ça ! Ensuite, on essaie de suivre les traces. Quelles traces ? Les traces d’un peu tout et n’importe quoi : 4×4, chevaux, chaussures. Je me sens telle une traqueuse, le don et l’expérience en moins. On se retrouve à nouveau sur la route qu’on avait quitté et on continue, continue et continue encore à marcher. Je vois bien que les deux autres voyageuses n’ont pas trop l’habitude de marcher et qu’elles fatiguent. « Et à quoi il ressemble ce canyon ? » Heu ? En fait, je n’en sais rien. Ils m’ont dit que c’était joli, alors je me suis lancée. Notre petite carte ne nous aide vraiment pas et les automobilistes que l’on arrête ne semblent pas plus avancés que nous. Au bout de près de deux heures de marche, on décide de faire demi-tour et de revenir sur nos pas.

P1060435A un moment, j’aperçois des formes rocheuses particulières et comme le chemin qui y mène semble revenir ensuite sur la route, je propose un itinéraire retour par là. Je suis toujours en train de suivre mon supposé instinct et je trouve toujours des traces qui semblent m’indiquer le chemin. On arrive dans ce qui ressemble à un canyon. Les français m’avaient montré une photo d’un panneau indiquant le nom du Canyon et point de panneau. Peu importe puisque c’est joli. J’imagine qu’on peut aller jusqu’au bout de celui-ci pour rejoindre la route. On emprunte donc le lit de la rivière asséché pour tenter cela mais au bout, nous attend un ancien éboulement de roches. Impossible à franchir sans danger. On fait demi-tour et cette fois-ci, on marche sur la route. On finit par arrêter une voiture et c’est en stop que l’on retourne à Tupiza.

Très jolie ballade bien qu’on n’aie pas trouvé le canyon. Que je pensais ! Parce que durant le Salar, les deux Français ont mentionné un chien mort à l’entrée du canyon. Chien que nous avons nous aussi trouvé. Comme quoi, sans le savoir, on l’a finalement atteint ce canyon.

Le lendemain de cette petite marche, départ tôt pour le Sud Lipez et le Salar d’Uyuni.

En pratique :

Cusco-La Paz : Trans Salvador : 80 sl. Départ : 22h. Arrivée vers midi à La Paz. Passage de la frontière (Desaguadero) de +/- 8 à 10h. Très confortable, couverture fournie, 3 rangées.

La Paz-Tupiza : Trans del Sur 1 : 90 bs. Pas très confortable. Pas de couverture fournie. Pas de toilettes mais arrêts pipi au milieu de rien. Durée : environ 13h.

Visa (avec passeport européen) : 30 jours renouvelable deux fois. Si vous insistez, possible d’obtenir 90 jours directement (venez avec une bonne excuse et votre plus beau sourire).

Hostel « Bien te Fue » à Tupiza. Tout près du terminal des bus, sur le rond point. 35 bs le lit en dortoir (trois lits). 40 bs la chambre privée simple. Petit déjeuner à 15 bs.

Petit-déjeuner au mercado : 8 bs pour 2 pains avec beurre et confiture, 1 œuf et 1 thé. A l’étage, le petit déj, est « à la carte », il n’y a rien de fixé.

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