Second helpx: une ferme près de Santo Domingo

Sur la route de Santo Domingo

Un lundi, je me rends chez Angelika avec qui je dois commencer un échange de service le lendemain matin. Je serai sa première volontaire dans la ferme qu’elle convertit en bio. Angelika vit depuis plusieurs années en Equateur et est guide dans l’Amazonie. Elle a décidé d’acheter une ferme dans la jungle et d’y pratiquer la permaculture. J’ai eu vent de son projet, via Rafael, un français qui était de passage au Llulu Lama.

Après s’être arrangées pour se rendre ensemble à la ferme le lendemain, Angelika me prête un GSM pour pouvoir me prévenir en cas de besoin. Le lendemain matin, je me lève tôt et découvre malheureusement un sms m’annonçant qu’en raison d’un gros pépin de santé (dont j’étais déjà au courant), il ne sera pas possible d’aller à la ferme. Elle m’appelle ensuite pour m’expliquer qu’elle ne pourrait pas quitter Quito avant deux semaines laissant en stand by la ferme. Il est 7h35, mon échange de service vient de tomber à l’eau.

Ayant pu sentir le vent tourner, j’avais plus ou moins prévu le coup et déjà noté quelques numéros de téléphones d’autres helpx. J’appelle donc derechef Christian, avec qui j’avais déjà échangé des emails quand je cherchais mon premier helpx. Il me dit qu’il a un lit de libre et m’explique comment venir puis j’arrive au bout du crédit restant sur le GSM prêté par Angelika. Le locutorio est encore fermé et je dois encore aller rendre le GSM au Nord de Quito. Vu que mon sac est déjà fait, je décide de partir et de retenter de joindre Christian en chemin. Après tout, je sais comment me rendre à sa ferme et un lit m’attend. Que demander de plus ?

Après avoir déposé le GSM, j’essaie de joindre à nouveau Christian mais celui-ci n’a plus de réseau. Tant pis, je continue ma route. Pas envie de perdre encore une journée.

hamac

J’arrive à Santo Domingo quelques heures plus tard. Grâce à un taxi et aux instructions que Christian m’avait données, j’arrive à la maison de son père. Celui-ci m’amène jusqu’à la ferme située à 10 minutes de la route. Sur le chemin, son père me montre quelques arbres fruitiers : avocats, oranges, cacao. J’hallucine mais je n’ai pas encore tout vu. Dans sa ferme, Christian a aussi des papayes, des bananes (beaucoup de bananes), du manioc (yuca), du maïs, du gingembre, de la citronnelle (hierba luisa), du basilic (albaca), des fruits de la passion (maracuyas), … Il me fait faire le tour du propriétaire et me montre mille plantes aux multiples vertus.

Je découvre en même temps que la ferme n’a ni eau, ni électricité. Ah. On s’éclaire donc à la bougie (la nuit tombe à 18h en Equateur!). Difficile de lire ou cuisiner en soirée. Pas non plus de frigo bien sûr et pourtant il fait chaud. Pour l’eau, on a une rivière à environ 10 minutes à pied. Et pour que ce soit plus drôle, pour ramener l’eau, c’est une grande montée que l’on doit parcourir.

Le premier soir, je rencontre Rama qui est présent dans la ferme depuis 7 mois et donne des cours de yoga tous les matins. En plus de vous étirer le corps et l’âme, il est aussi un roi en cuisine. Avec lui, j’ai appris à faire des patacones avec des bananes vertes et des arepas à base de maïs à tremper. Chaque fois que l’on s’imaginait mourir de faim en voyant le peu de nourriture présent dans le garde à manger, Rama nous sortait de son chapeau un repas que nous étions incapables de finir.

En plus de Rama, il y avait Lily et Sebastian, deux artistes présents également pour une longue durée. Parmi les volontaires helpx, 4 autres français, un couple qui fait le tour du monde en 5 ans (mas o menos) et deux frères partis « tant que l’argent durerait ».

La salle à manger

Si Christian a bien plein de projets pour sa finca (ferme), il n’était cependant pas très présent ou directif pour nous donner des instructions. De petites tâches en petites tâches, il faut bien dire que j’ai passé pas mal de temps à lire « Voyage au bout de la nuit » dans un hamac.

Une expérience en demi-teinte donc. Une nature assez incroyable, une ferme avec pleins de possibilités mais peu de travail et pas beaucoup d’occasions d’apprendre de nouvelles choses. Un peu dommage même si rien que pour l’expérience culinaire et de confort, cela valait le coup de tenter l’aventure. En effet, nous mangions végétarien (ce qui ne me dérange pas) mais en plus, on mangeait très rarement des produits laitiers vu que nous n’avions pas de frigo. Les oeufs étaient également bannis et les féculents en raison des difficultés d’approvisionnement n’étaient pas toujours très présents. Bien que notre table ait toujours été bien remplie, j’ai rapidement eu un rejet des fruits et légumes. A la fin, je ne mangeais plus que le riz à table n’étant plus le moins du monde tentée par le chou-fleur. En rigolant, on parlait de la ferme comme de Ko Lanta vu qu’on n’arrêtait pas de parler de bouffe et qu’on mangeait beaucoup de manioc et de bananes.

Et de temps en temps, on fait des rencontres sympathiques… (oui, c’est bien une cruche d’environ 2,5L).

Tarentule

L’autre bémol est que cette ferme était payante bien que bon marché (6$ pour l’hébergement et la nourriture). Cependant, si cela n’avait pas été le cas, je n’aurais probablement pas pu débarquer à la dernière minute comme je l’ai fait. J’ai donc pour la suite décidé de m’y prendre un peu plus en avance.

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