Cracovie-Bruxelles en stop

P1050348Nous nous sommes levées tôt, avons refait nos sacs, nos adieux à notre CS et c’est parti pour le retour. Après avoir vu ce que l’humain peut faire de pire, voilà une dose d’humanité qui va nous faire du bien. On prend le bus jusqu’à l’aéroport mais vous vous en doutez, ce n’est pas pour embarquer dans un oiseau de métal. C’est donc à contre sens des autres voyageurs que nous nous postons après un rond point direction Katowice. Le ciel est gris et on espère vraiment être rapidement prises pour éviter la pluie.

Chance, après une attente qui nous a paru longue (la première voiture, on se demande toujours si elle finira par arriver), nous montons dans la voiture d’un polonais qui ne parle pratiquement pas anglais. On comprend très vite que ce qu’il aime c’est rouler vite et mettre la musique à fond (on se souviendra longtemps de ce « Show must go on »). C’est un peu inquiétant mais bon, il nous dépose à bon port sur un parking de Mc do.

Ensuite, un designer nous amène plus loin sur la plus petite station essence que j’ai jamais vue (une seule pompe), juste avant Wroclaw. Le vent souffle terriblement fort et nous rentrons alors nous abriter. Il y a un petit magasin dont on touche les murs en écartant les bras. Pour trouver une voiture qui va dans notre direction, ce n’est pas gagné d’avance. On mange là notre petit-déjeuner et on en profite pour demander à tout le monde où ils vont. Un avocat polonais peut encore nous avancer un peu, jusqu’à Legnica. On enchaine les voitures même si ce n’est pas pour de très grande distances mais on avance!

De nouveau, station essence ridiculement petite et il ne semble pas y avoir l’ombre d’un étranger qui irait en Allemagne. Je repère finalement un magasin qui vend des cigarettes et vais accoster tous leurs acheteurs. En effet, cigarettes près d’une frontière = étrangers (ou presque). Là, bingo, on trouve une voiture qui peut nous amener au delà de Dresde, à Chemnitz. Là, coup de bol, on aborde une allemande qui accepte tout de suite de nous prendre. Elle a fait un erasmus puis un stage en France et est contente de pouvoir parler français avec nous. Elle écoute Louise Attaque et Caravan Palace, on se sent un peu chez nous dans cette voiture.

Elle nous dépose à 20h30 sur une aire près de Frankfurt. Cette fois-ci, il fait noir et on est certaines de ne pas arriver ce soir en Belgique. Alors, c’est parti pour trouver un coin sûr où poser la tente que l’on trimballe depuis le début du voyage. Ca, c’était le plan de départ. Une fois que l’on doit le mettre à exécution, on ne fait plus trop les malignes. On passe le grillage qui entoure la station essence coupé en un endroit et on s’enfonce sur des petits chemins à travers champs. Il fait noir et on continue à avancer jusqu’à trouver « le bon endroit ». En fait, on n’est pas trop rassurées. On aperçoit devant nous, au loin, de la lumière et on se dit qu’on va continuer jusque là, voir s’il y a un village. On arrive en effet dans un village allemand. On sonne à quelques maisons où l’on aperçoit de la lumière (il est encore tôt) et on demande si l’on peut poser notre tente dans leur jardin. Sauf que manifestement, deux jeunes femmes de 23 ans, cela fait peur! Personne n’accepte.

Un piéton nous dit juste qu’on aller voir à l’église. On suit donc son conseil mais à cette heure-ci, il n’y a personne. Je décide donc de sonner à la maison adjacente persuadée que ce sera la maison du prêtre. Pas de prêtre pour ouvrir la porte mais un couple assez effrayé, la femme se tient derrière son mari et ouvre grand les yeux. Manifestement, ce village ne croise pas beaucoup de voyageurs. Ils nous proposent d’aller planter notre tente dans une plaine de jeux pour enfants. On leur explique alors qu’on préfèrerait ne pas être visible de la route. Là, la femme s’exclame « Ah, c’est vrai que c’est là où les dealers vont souvent ». Endroit qu’on vient donc de nous proposer. Bref, ils finissent par nous laisser installer la tente dans leur jardin. Une fois qu’elle est montée, ils ouvrent la fenêtre et nous disent que finalement, on va pouvoir dormir dans le kindergarten à côté de l’église. On remballe donc tout et finit par dormir bien à l’abri. On a même une toilette et un évier, la grande classe! (c’est la photo)

Le lendemain, on reprend rapidement la route non sans avoir enlever les paquets de boue qui nous collaient aux chaussures. On est rapidement prises par un homme qui se rend à Cologne. Là, un couple de Français nous prend et nous dépose un peu avant Aachen ainsi qu’une autre autostoppeuse que l’on a rencontré sur cette aire. Elle, elle vient du sud de la France, seule, et vit à Aachen. Là, on trouve une voiture pour Bruxelles. Seulement une fois en route, il y a pleins de travaux et on se retrouve sur l’autoroute pour Maastricht. Finalement, il revient sur l’E40 et dépose Déborah. Nos chemins se séparent et les derniers km vont se faire seules. Il me dépose près de Leuven puisqu’il ne rentrera pas dans Bruxelles.

Là, je fais mon premier stop seule et tout de suite, je suis beaucoup plus méfiante. De plus, il y a un problème de taille en Belgique: dans quelle langue vais-je parler aux conducteurs? Parce qu’en cas de mauvais choix, c’est peut-être une opportunité qui s’envole. Je repère finalement un couple qui rentre dans la stations service et bingo, ils peuvent me déposer à Montgoméry. Je finis mon trajet en métro et voilà que s’achève ce voyage.

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